Avertissements :

  1. Les personnes ayant une pathologie rénale ou hépatique ne doivent pas consommer de compléments alimentaires sans avis médical
  2. Cet article ou les exemples qui y sont cités ne remplacent en aucun cas une consultation chez le médecin ou l’avis de votre pharmacien.
  3. Un complément alimentaire n’est jamais anodin, même aux dosages indiqués.
  4. Cet article ne traite que des compléments alimentaires disponible à la vente légale en Belgique

Dans cet article, nous allons aborder la définition du complément alimentaire et les professions spécialisées dans le conseil du complément alimentaire.

Définition

Administrativement et légalement, les compléments alimentaires sont classés comme une « sous-classe » des denrées alimentaires.

On peut encore les diviser en deux catégories principales :

  • Les compléments alimentaires nutritionnels.

Ils correspondent aux micro-nutriments tels que les protéines, glucides, lipides, vitamines, sels minéraux et oligoéléments, que l’on retrouve dans l’alimentation et qui sont essentiels au bon fonctionnement de notre organisme.
Par exemple : la vitamine C, le magnésium, les omégas, le resvératrol, etc.

  • Les compléments alimentaires à base de plantes

Autrement dit les plantes médicinales sous leur présentation moderne (gélule, teinture, extrait, etc.) Leur intérêt réside dans leur capacité à améliorer ou potentialiser les fonctions naturelles de l’organisme, grâce aux principes actifs qu’ils contiennent.
Par exemple : la Rhodiola, l’Echinacée, la Reine-des-prés, le Gingembre, etc.

Ces deux catégories sont souvent combinées pour maximiser leurs effets respectifs.
Par exemple de la vitamine C associée à de l’Echinacée pour booster le système immunitaire.

Comment fonctionne un complément alimentaire ?

Qu’ils soient nutritionnels ou à base de plantes médicinales, les compléments alimentaires ont généralement pour effet de renforcer les capacités d’autorégulation naturelles du corps, ou l’homéostasie.

Bien que certaines substances (comme la caféine) échappent à la règle, les compléments disponibles à la vente libre ont rarement la capacité de pousser le corps au-delà de ses performances naturelles.

A l’inverse, les molécules médicamenteuses sont en général capable de forcer, se substituer ou de modifier les capacités du corps pour palier un dysfonctionnement physiologique.

Par exemple : La Valériane à un effet anxiolytique et sédatif mais provoque rarement un état de somnolence si vous êtes suffisamment reposé.
A l’inverse, les somnifères de type benzodiazépines ont un effet sédatif implacable : que vous soyez fatigué ou non, vous dormirez !Si l’on tient compte des risques d’addiction, leur usage ne devrait être limité qu’aux personnes ayant un problème de sommeil pathologique

Cette nuance est importante car elle permet de comprendre que le complément alimentaire intervient en soutien des capacités naturelles du corps et ne se substitue pas à un traitement médicamenteux !

En d’autres termes, vous ne devriez jamais remplacer un traitement médicamenteux qui vous a été prescrit par une cure de compléments alimentaires. Si le traitement médicamenteux ne vous convient pas, parlez en à votre médecin qui vous informera des risques et conséquences de l’arrêt de ce traitement.

Eh oui, vous informer fait aussi partie de son job alors n’ayez pas peur de poser des questions😉

Cependant, si vous n’avez aucun traitement et que votre médecin vous recommande principalement une amélioration de l’hygiène de vie, la complémentation peut se montrer très efficace pour traiter un problème qui risquerait de se transformer en maladie chronique à moyen/long terme.

Maintenant vous savez ce qu’est un complément alimentaire : un aliment, une vitamine ou un oligo-élément, et comment il fonctionne.

Mais ça ne vous dit pas comment comprendre à quoi ils servent ! C’est ce que nous allons voir au prochain paragraphe.

Comment savoir à quoi sert un complément alimentaire…

… ou le grand mystère des « allégations nutritionnelles et de santé »

Cette formule désigne :

toute mention utilisée sur les étiquettes, à des fins de publicité, ou sur des produits de marketing selon laquelle la consommation d’un aliment donné peut avoir des bienfaits pour la santé; par exemple qu’un aliment peut contribuer au renforcement des défenses naturelles de l’organisme ou améliorer les capacités d’apprentissage.

https://www.efsa.europa.eu/fr/topics/topic/health-claims

Extrêmement régulées par la loi, les allégations santé protège le consommateur d’arnaques en tout genre mais limite aussi fortement la quantité d’informations disponible sur les compléments alimentaires.

Il est courant de trouver des compositions très élaborées, mêlant micronutrition et plantes médicinales, mais pour lesquelles il y aura peu voire aucune allégation santé.

Il est donc très compliqué pour une personne non qualifiée de comprendre l’effet global d’un complément alimentaire dans ces conditions.

C’est pourquoi il est particulièrement important de s’adresser à des professionnels qualifiés pour vous accompagner dans ce choix.

C’est ce que nous allons voir au prochain paragraphe !

Les professionnels du complément alimentaire

Herboristes ou naturopathes, diététiciens ou nutritionnistes, pharmaciens ou médecins… de nombreux professionnels de la santé peuvent se montrer compétents dans le conseil du complément alimentaire.

Cependant, comme mentionné plus haut, les compléments alimentaires concernent principalement la catégorie alimentaire et en particulier les nutriments et les plantes médicinales.

Assurez vous donc que la formation du professionnel que que vous consultez inclue suffisamment de nutrition, de phytothérapie (étude des plantes médicinales) et qu’il vous questionne sur vos habitudes quotidiennes.

Nous verrons en effet que la prise d’un complément alimentaire n’a pas beaucoup d’intérêt si elle n’est pas associée à une modification des comportements alimentaires et de l’hygiène de vie.

Les personnes ayant suivi une spécialisation en micro-nutrition sont également très bien formées.

Selon moi (il s’agit là d’une opinion et non d’un fait), les herboristes sont à l’heure actuelle parmi les mieux formés au conseil du complément alimentaire. En effet, la plante médicinale et ses effets sur l’organisme humain sont les points centraux de notre formation, nous étudions donc :

  1. Sa composition biochimique
  2. Ses qualités nutritionnelles
  3. Ses qualités thérapeutiques (ou l’effet des deux premiers points sur l’organisme humain)

Ce qui nous permet de nous spécialiser en profondeur dans la définition même du complément alimentaire, d’en comprendre rapidement la composition complexe – un·e herboriste expérimenté·e pourra vous dire à quoi sert un complément sur base de sa composition – et de proposer un conseil qualifié, personnalisé et sécurisé à l’utilisateur.

En effet, pour les personnes qui prennent des traitements médicamenteux ou qui ont des conditions spécifiques de santé il peut être réellement contre-indiqué de consommer certains compléments.

Deux exemples de compléments classiques et qui comportent pourtant des risques méconnus du grand public :

  1. l’Echinacée stimule le système immunitaire et sera fortement déconseillé aux personnes souffrant de pathologies auto-immune1, or c’est une plante que l’on retrouve couramment dans les compléments en saison hivernal.
  2. La vitamine C dosée à plus de 100mg est déconseillée aux personnes souffrant d’insuffisance rénale23. Or, à nouveau, elle est souvent présente à des doses supérieures dans les compléments destiné à l’immunité.

Parce que l’herboriste connait ces contre-indications, il/elle vous questionnera sur votre état général (allergies et pathologies connues) avant de proposer le complément alimentaire adéquat ou de vous suggérer une alternative.

Malheureusement la profession d’herboriste dans sa forme moderne est mal connue et souvent restreinte à la composition de tisane, alors qu’elle est le fruit d’un gros travail de formation en amont.

L’union Belge des Herboristes

C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons besoin d’une reconnaissance légale de notre métier, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle.

Notre profession couvre pourtant un champ d’action délaissés par le système de santé actuel, alors que la demande citoyenne pour une approche holistique et préventive de la santé ne cesse de croitre.

De plus, cette reconnaissance offrirait un cadre plus sécurisé aussi bien pour les professionnels que pour les utilisateurs. Ces derniers sont en effet actuellement livrés à eux-mêmes et peuvent être particulièrement sensibles à la manipulation, en particulier lorsqu’ils souffrent de pathologies chroniques pénibles et douloureuses.

C’est dans cet objectif qu’avec plusieurs herboristes professionnelles, nous avons fondé l’Union Belge des Herboriste.

Cette ASBL nous permet de valoriser l’accès aux plantes médicinales et offre un socle collectif aux professionnels et aux amateurs pour une réflexion active sur la place de la santé holistique. Elle s’inscrit évidemment dans un mouvement global de la société civile en faveur de changement de fond sur les questions environnementales et sanitaires.

Pour nous soutenir, n’hésitez pas à visiter notre site web où vous trouverez plus d’informations disponibles sur les moyens de nous participer à cette cause !


Conclusion

Vous avez maintenant compris ce qu’est un complément alimentaire et qui est compétent pour vous les conseiller.

Mais savez vous pourquoi certains complément alimentaires nutritionnels sont devenus indispensables ?

C’est pourquoi dans l’article à paraitre dans quelques jours semaines, je vais tenter de vous rendre plus autonome pour comment utiliser un complément alimentaire.

Sources :

  1. http://www.wikiphyto.org/wiki/%C3%89chinac%C3%A9e ↩︎
  2. European Society for Clinical Nutrition and Metabolism, Toigo G, Aparicio M, Attman PO, Cano N, Cianciaruso B, et al. Expert Working Group report on nutrition in adult patients with renal insufficiency (part 1 of 2). Clin Nutr 2000;19(3):197-207 ↩︎
  3. Société francophone de nutrition clinique et métabolisme. Nutrition et maladie rénale chronique. Dans: Traité de nutrition clinique. Paris: SFNEP; 2016. p. 1203-48 ↩︎

3 réponses à « LES COMPLÉMENTS ALIMENTAIRES (1/3) »

  1. Avatar de COMPLÉMENTS ALIMENTAIRES (1/3) – Jordania Lugiery

    […] Les compléments alimentaires – C’est quoi ? […]

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  2. Avatar de LES COMPLÉMENTS ALIMENTAIRES (3/4) – Jordania Lugiery

    […] l’avons brièvement évoqué dans l’article sur les compléments alimentaires (2/3), il est devenu quasiment impossible de se passer de complémentation nutritionnelle de nos […]

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  3. Avatar de LES COMPLÉMENTS ALIMENTAIRES (3/3) – Jordania Lugiery

    […] Dans notre premier article, nous avons éclairci la définition légale des compléments alimentaires, jetant ainsi les bases nécessaires à une compréhension approfondie de leur rôle et de leur utilisation. […]

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